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La grande aventure du
Tchimbé par Stéphane Sibout.
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Toute
la semaine on a mangé des pâtes et du riz pour stocker des sucres
lents.
Le 6 Mai 2006 :
réveillé à 2H du matin pour une bonne collation avec du riz
mélangé à du chocolat en poudre, c’est dur à 2H du matin, mais il faut
encore stocker un peu.
Arrivée au stade
de Dillon à 4H,
on part en car pour le tunnel de Didier, j’ai l’impression de partir
en colonie de vacances…l’ambiance est particulière tout le monde est
encore endormi.
L’arrivée au
tunnel Didier
est différente c’est l’effervescence, beaucoup de monde est venu en
voiture donc embouteillage et énervements….
Vérification des
sacs :
lampe frontale, couverture de survie, sifflet…
Je mets ma
genouillère avec un emplâtre américain en espérant que ma tendinite ne
va pas se réveiller trop tôt… |
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1) Etape 1
(5,167km) :
L’ambiance commence à monter et le départ est donné à 5H du matin dans
une nuit noire. Un départ bousculé, donc je me place dans les
premiers pour ne pas être gêné. L’allure est assez soutenue dans les
1ers Kms et je reste calé dans les dix 1ers. Les bruits de la nuit
tropicale nous accompagnent, l’air est pesant il fait déjà chaud. Les
calories ingurgitées le matin commencent à partir avec les 1ères
suées. Après le bout de route le chemin étroit nous enferme dans une
forêt, ça grimpe déjà, je manque de tomber plusieurs fois, il faut
éviter les cailloux et les racines, les petits cours d’eau et toujours
avec la lampe frontale.
2) Etape 2
(9,981km) :
J’arrive à la station thermale d’Absalon où Marie et Jean-Claude
m’attendent déjà, un petit verre d’eau et c’est reparti, un petit bout
de route et on reprend un chemin qui grimpe. Je commence en petite
foulée et au bout d’un moment je marche dans les montées et je recours
dans les faux plats. Car dans le raid je n’ai jamais vu de vrai
plat ! J J’ai du mal à caler mon rythme car il y a beaucoup
de relances. Puis j’arrive au départ du piton Dumauzé ça me rassure un
peu car le lundi je suis venu reconnaître ce passage avec Jean-Claude.
Ragaillardi je commence l’ascension d’un bon pas et malgré ça 2
coureurs me rattrapent, je les laisse passer et je me cale dans leurs
enjambées. On rattrape 2 coureurs dans la montée dont Dominique qui
est du calvados comme moi. Le coureur que je suis commence à caler
dans la montée, c’est Johann, très sympa, on fait l’ascension ensemble
et je prends le relais. Je laisse la descente à Johann,
on la fait en sautant, en toboggan et pour ma part en
tombant régulièrement avec quelques chutes artistiques qui auraient
valu la photo. J
On est dans le brouillard et on se croirait dans « Gorille dans la
brume » avec Sigourney Weaver. On arrive à l’ascension du piton
Lacroix et je reprends les devant jusqu’en haut. Arrivé en haut,
des gars ont campé là et nous proposent de l’eau, le brouillard est
encore là et il fait frais. Johann refait la descente avec beaucoup de
sauts, des trous, des racines à n’en plus finir je me fais mal à une
cheville, ça commence à m’inquiéter. La fin jusqu’à Mont Joly est
difficile, mais bientôt on entend de la musique, un superbe orchestre
nous attend et un bon ravitaillement me remonte le moral.
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3) Etape 3
(5,139km) :
Je change mes chaussettes pour ne pas garder les pieds trop humides et
je repars avec Johann. Un parcours avec beaucoup de descentes nous
attend, je pensais que j’allais récupérer mais pas du tout c’est un
vrai calvaire, ma cheville me fais mal si je fais trop d’extension et
mes cuisses commencent à chauffer aux quadriceps. Dominique du
calvados nous rejoint et à la fin de l’étape je leur demande de ne pas
m’attendre. Je cale dans les escaliers qui nous ramènent sur la route,
je m’hydrate beaucoup je mange une barre ou un gel toutes les 1/2h. Je
termine l’étape avec Pierre qui habite prés de l’anse l’étang, il est
originaire de Laval où j’ai fait un trail un mois avant, il me demande
mes impressions et je lui dis que celui-ci est vraiment beaucoup plus
dur. Nous arrivons ensemble à Fonds saint Denis et je suis content de
voir des visages familiers, ma chérie Marie et son oncle Jean-Claude
m’attendent. Ils me félicitent et remplissent mon camelbak. Johann qui
était arrivé avant moi me tartine le genou de pommade avant de
repartir. Marie me mouille mon bandana et je repars avec Pierre. |
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4) Etape 4
(5,498km) :
Au bout d’un petit moment je sens que je retrouve mes jambes dans les
montées, mais les descentes restent pénibles. On passe sur un long
bout de route sous le soleil qui parait interminable je termine
l’étape en marchant, Pierre que j’avais distancé un peu me rejoint et
nous arrivons à l’usine Socomor. Jean-Claude me rafraîchit la nuque
avec de la bonne eau fraîche, c’est un bonheur. Deuxième changement de
chaussette et reremplissage du camelbak. La 1ère féminine arrive au
ravitaillement et repart aussitôt, Pierre la suit, je pars quelques
minutes après mais je ne les rattraperai pas.
5) Etape 5
(14,790km) :
Un petit antillais court un peu avec moi jusqu’en haut du chemin puis
je me retrouve seul pour la plus longue étape et c’était pas de bol.
Elle sera longue celle là aussi bien physiquement que
psychologiquement car j’ai eu le temps de penser à pleins de choses et
surtout de me demander ce que je foutais là. J’aurais pu tout aussi
bien être entrain de nager avec les tortues à anse noire.
Puis
je pense que cette année je vais être papa, dans 5 mois exactement.
On sait que ce sera un petit garçon, allez il faudra bien que je lui
dise que je l’ai terminé ce raid. Peut être qu’un jour ce sera lui
qui le fera, j’espère qu’il fera du sport et je pourrai lui dire que
pour ce raid il faut un très gros entraînement…
La fin du morne
Jacob fut très longue avec une ascension encore très dure. Marie et
Jean-Claude me rejoignent avant la fin et ça me remonte le moral quand
je les vois, ça fait du bien. Troisième changement de chaussettes, mes
ongles sont déjà bleus. De l’eau, un décrassage et c’est reparti avec
une descente puis un long chemin en faux plat qui n’en finit pas. Je
cherche l’ombre alors je rase les haies, j’ai beaucoup de mal à
trottiner et je marche plus que je ne cours. Au bout du chemin,
surprise, je retrouve Johann nu pied qui est prêt à abandonner ses
ongles le font souffrir. Finalement il me rejoint à la fin de l’étape
et grâce à sa femme médecin on se protège un peu les ongles de pieds
et on repart jusqu’au domaine de la vallée. |
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6)
Etape 6 (6,118km) :
Je repars en marchant pendant que Johann se fait masser, pour ma part
je n’ai pas voulu sinon je ne serais pas reparti, je n’ai pas voulu
non plus soigner ma cheville, je n’avais qu’une obsession : terminer
cette course. Johann me rejoint et on repart tous les deux, ça me fait
plaisir d’être avec lui et on arrive à rigoler encore un peu. On
trottine dans les faux plats et les descentes et on marche dans les
montées. Quelquefois j’ai l’impression de récupérer des forces et
j’arrive à retrottiner dans les côtes mais ça devient très dur. On
arrive au 1er refuge de la Pelée, Jean-Claude et Marie nous ravitaille
et nous donnent les derniers encouragements, je les reverrai seulement
de l’autre côté de la montagne à l’arrivée de Grand-rivière. La femme
de Johann nous met de la pommade sur les cuisses et les mollets et on
repart. Trois ans avant j’avais monté la Pelée avec Marie et ça
m’avait paru facile, mais là avec 45km dans les jambes c’est un
calvaire. Au milieu de l’ascension je cale et dis à Johann de partir
je n’arrive plus à suivre. Je monte à 4 pattes et je voudrais pouvoir
marcher avec les bras ça soulagerait mes jambes. Je m’arrête un peu
car mon rythme cardiaque s’est encore accéléré. A la fin de la montée
le parcours est plus indulgent et j’arrive à trottiner, je suis
content et j’arrive à revenir sur 2 coureurs. J’arrive au 2nd refuge
et je bois de bonnes gorgées d’eau. |
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7) Etape 7
(8,945km) :
Quand je vois la descente qui m’attend mes réjouissances se dissipent
rapidement. Le début est terrible, je le fais sur les fesses car je ne
peux plus sauter, des cordes nous aident à descendre car c’est très
glissant et pentu. Après ce 1er enfer la descente est un peu moins
brutale mais chaque pas est devenu un cauchemar car mes ongles de pied
me font très mal et tapent au fond de mes chaussures. J’arrive dans un
brouillard épais, le paysage est étrange avec des buissons épars et un
terrain chaotique. Mes ongles me lancent de plus en plus et mes jambes
ne me portent plus. Je m’arrête assez souvent. Ce final est
interminable, à un moment j’entends des rires et je pense être proche
de l’arrivée, mais finalement ce sont des bénévoles qui ont campé dans
la montagne et il reste encore au moins 6km. J’arrive ensuite à
recourir porté par l’envie de terminer au plus vite cette course, il
me reste encore des forces, sans doute grâce aux pâtes et au riz
mangés depuis 3 jours, tout ça a été bien stocké.
Plus loin je suis
à nouveau obligé de m’arrêter, je n’arrive plus à retrouver une
respiration régulière. Au moins 6 personnes me doublent, je suis vert J
je ne suis pas loin pourtant mais je ne peux plus… La fin est un
calvaire, j’ai mal partout, jusqu’à ce que j’aperçoive Jean-Claude mon
sauveur. Je marche au radar et c’est lui qui me guide dans les rues de
Grand-Rivière.
J’aperçois enfin
la banderole de l’arrivée et j’entends « allez mon chéri ». C’est
comme une libération, je n’arrive pas à y croire et pourtant ça y est,
je l’ai fait, « mwen fini ».
Une belle
médaille, un beau t-shirt et surtout les pieds dans la rivière… Quel
bonheur J !
Puis j’ai eu le
droit à des soins de podologie et un bon massage kiné sur des jambes
très douloureuses.
Remerciez beaucoup
les élèves podologues et kiné, ils ont fait du super boulot.
Remerciez les
bénévoles c’était vraiment bien avec une bonne organisation, un beau
parcours très bien balisé.
Dommage qu’à la
fin un bon repas n’a pas réuni les coureurs sous une tente, avec du
bon poulet boucané… J
Merci à ma chérie
et son tonton qui m’ont accompagné sur le parcours, ça fait vraiment
du bien de se sentir soutenu et ça redonne à chaque fois du courage et
l’envie de terminer. Merci à tous les coureurs que j’ai croisé sur le
parcours et surtout à Johann avec qui j’ai couru longtemps sur ce raid
et qui m’a permis de bien avancer tout en découvrant la nature J.( et merci à sa doudou pour ses bons soins)
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