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J’appelle l'organisation du tchimbe et leur demande à mon grand regret
d'annuler mon inscription pour ces raisons. Il est évident que je ne
peux pas prendre le risque d'y rester, pour moi, pour ma poulette et
pour l'organisation.
Ben
figurez vous que le club ne m'a pas inscrit!!! , le oui, oui c'était
un oui, oui pani pouchi (cause toujours), le nom des clubs n'étant pas
affichés (et donc pas mis en valeur car ce n'est pas la politique du
tchimbe raid), mon club ne m'a pas inscrit et ne m'a rien dit.
Alors
je demande à l'organisation de m'inscrire SVP, je participerai au
Tchimbe en pleine forme.
Pendant
une semaine, j'ai mangé 4000 Kcal par jour, repris un % satisfaisant.
Psychologiquement, j'ai commencé ma course 10 jours avant le jour J.
La
veille des amis sont venus de métropole, petit repas entre amis, t’i
punch, mais petit, juste pour les accompagner et p^tes; coucher minuit
( c'est trop tard Joh, n'importe quoi!!!) lever 02h00 et bouillie (
400kcal au 100g !, pain et pâte à tartiner aux noisettes, et encore
des pâtes, celles là veulent ressortir car il y à trop de monde dans
l'estomac, mais non, si tout le monde se serre un peu ça tient, non
mais!!!)
Rendez
vous à 03h00 au stade Dillon, pour prendre la navette, ça c'est bien,
mais l'accueil au stade est un peu succinct.
Et
voilà le petit Joh gonflé à bloc, sur la ligne de départ. Tunnel de
Didier, plus de 500 personnes entre les coureurs (pressés d'en
découdre, les accompagnateurs fatigués du réveil nocturne, les
bénévoles qui déjà font un gros boulot, et Joh). On vérifie les sacs,
le sifflet, couverture de survie, frontale, eau et complément (pour ne
pas citer de marque), une banane, boisson, les pâtes font la G...le
mais la banane descend.
1ère
étape : Didier-Absalon5,175 km, reste 50,471 km( D+ 429 m reste 4152
m)
5...4...3..les coureurs sont très disciplinés, aucun ne démarre avant
l'autre...2...1...top départ!! Seul sont visibles les bandes
réfléchissantes des sac à dos, et des chaussures. Ça donne une
dimension un peu irréelle, avec juste le bruit des pas et des
souffles.
Les
distances et la dénivelée ne sont pas précises car je n'ai pas
l'équipement nécessaire sur moi, mais les infos sont sur le site du tchimbe
raid.
Je ne
pars pas avec les premiers, y vont trop vite, je ne connais pas du
tout cette course, et je moque du classement. Malgré tout, je remonte
la file et je me demande si je fais bien, je dois tourner à 12 km/h.
J’arrive sur Sophie qui cour régulièrement sur route, et a participé à
cette course, finissant 10ème au scratch, je lui propose
de m'accompagner un bout de chemin, et c'est parti. La montée
d'Absalon est un peu délicate, le passage est étroit, on remonte
quelques bons hommes et surtout on double la première féminine. Arrivé
à Absalon, je dis au revoir à Sophie:-)) toutes les bonnes choses ont
une fin et j'avais un peu le couteau entre les dents.
2ème
étape : Absalon/Modeste. 9,981 km reste 40,49 km( D+1431 m reste 2721)
Absalon
premier ravito, boisson, banane, merci les bénévoles, tout va bien, je
commence à grimper, et au fur et à mesure de l'ascension, je me
demande jusqu'où ça va. Je rejoins un groupe, en tête: Jean-Marc,
suivi de Stephan, on reprend Dominique dit "Calvados", je décide de
rester avec eux, la remontée ma touchée un peu et je me ressource, du
moins j'essaie.
Jean-Marc me semble bien aguerri, Stéphan plus jeune, il porte une
protection rotulienne, le souffle et bon, on papotte pas mal, j'en
profite pour partager les quelques connaissances locales sur la faune
et la flore, et miracle!!!! Tout le monde écoute, (ou ils sont polis
ou encore trop cuit pour râler).
Les
mornes et pitons sont immenses et inhumains, la pluie est tombée
pendant 24h00 la veille, on grimpe à quatre pattes, couvert de boue et
toute notre concentration est portée sur le fait de ne pas glisser
pour ne pas se faire mal et entraîner les copains dans la chute. Les
cuisses sont soumises à des tensions permanentes. Pour les adeptes de
ski extrême, je vous recommande la Martinique, les pitons Dumauzé, Lacroix
sont les meilleurs sites de glisse de la Caraïbe. Un pied sous les
fesses l'autre loin devant, et une petite prière pour avoir le temps
d'éviter les racines et les quelques rochers que quelqu'un a enterrés
de temps à autre, ce doit être un gros costaux car lorsqu’on rentre
dedans ils ne bougent pas d'un poil. Mon short type « marathonien » ne
me protège pas vraiment et je sens toutes les subtilités du terrain se
graver sur mon honorable fondement. Jean-Marc est parti en avant, avec
Stephan, nous nous sommes organisé de cette façon : je le devance dans
les descentes pour annoncer les obstacles et le retenir au cazou, et
dans les montées, il me tire car je bêche un peu.
Au bout
de quelques heures d’équilibre, j’entends du bruit, de la musique et
ça se précise ! On arrive au ravitaillement de Mont Joly, et j’entends
crier « allez mon Doudou, allez mon doudou !!! », au loin je voie une
puce au milieu de la route (c’est ma Doudouuuuuuuu !!!!!!!!) avec Elle
aussi une genouillère, qui saute partout. Mon moteur c’est Elle. Elle
m’annonce que je suis 12ème, qu’Elle ni crois pas, comment
t’as fait… (Ben ch’sais pas), je propose à Stéphan une boisson machin,
il se ravitaille et part un peu avant moi, je change mes vêtements
trempés par des secs (et oui les filles vous avez manqué ça), un ou
deux gars passent…pas grave je suis bien, et je les rattraperai plus
tard. Un gros bisou et redépart.
3ème
étape : Modeste/Fonds-St-Denis 5,139 km reste 35,351 km ( D+ 335m
reste2386 m)
Je
rattrape tout le monde, retrouve mon Stéphan gaillard sur sa jambe qui
déguste pas mal, je passe devant et l’encourage « allez mon ami, on
va finir ensemble ! » je suis le balisage en cherchant un peu car plus
on avance et plus on a du mal a lever la tête et certaines d’entres
elles sont à 1,20m du sol. D’ailleurs sur un sentier à droite, on
rappelle Jean-Marc qui partait on ne sais où à travers l’île.
Je sent
que Stéphan a du mal, il ralenti considérablement. On se dit au revoir
et j’accélère un peu (c’est à dire que je marche plus vite, pas
possible de courir). Jusque là ça va. Au bout d’un moment des
encouragements venus de loin, la sono nous porte d’abord puis les voix
des spectateurs et enfin La Voix.
Celle
de ma Poulette, toujours bondissante, courant partout avec sa
genouillère et malgré mes recommandations de ne pas en faire trop
(sinon tu vas pas guérir !!!): tu veux ci, tu veux ça etc…t’es
toujours 12ème, trop fort tu es…( je sais, je sais,
toutefois, je commence à tirer sur la corde et mes pieds me font mal,
et le mec le plus fort de l’univers se dis que y va peut-être lever le
pied) boisson,banane, prend la pose devant le photographe ( c’est ça
les stars, même à terre on brille), pour tromper l’ennemi je met la
banane devant ma bouche, ça donne ça (J). Je commence à partir mais
Stéphan arrive !!! Vite ma doudou donne moi du gel stp, je cours sur
sa rotule et lui verse la moitié du tube, un petit mot
d’encouragement, un bisou à ma Doudou et je redémarre.
4ème
étape : Fonds-St-Denis/Ste Cécile : 5,498 km reste 29,853 km ( D+ 291
m reste 2095 m)
Après
avoir entendu les oiseaux siffleurs dans les pitons, l’humidité et la
boue, cette partie et très agréable, oserai-je dire reposante, des
sous bois, des rivières cristallines, balisiers mangouste
m’accompagne, malgré les douleurs aux orteils qui se précises, je me
laisse bercer par mon rythme de course et de marche. J’arrive aux
abords de Champflor et au joie ! Une partie du parcours est bitumée
sur quelques km. Là j’allume, enfin c’est l’impression que j’ai.
J’arrive à Ste Cécile, d’abord ma Doudou, toujours sur le pont,
alerte, elle me fait boire, bisous, toujours 12 ème ceux de devant
sont cuits tu peux les rattraper (et moi d’après Toi, j’suis comment
là, fatigué dormi 2h00, mal aux pieds et je n’ai pas fait la moitié du
parcours…) je lui demande où j’en suis dans les étapes, Elle
m’explique mais j’ai du mal à comprendre, un peu ailleurs, un gars
passe, après le bisou régénérant, ma Doudou se dirige vers la
prochaine étape. Banane, boisson, je remercie les personnes du stand,
on blague un peu, une bénévole me propose un massage (vous aviez un
joli sourire mais là pas le temps, c’est gentil), le mari de Sophie
nous conseille de bien boire.
5ème
étape : Ste Cécile/Domaine de la vallée ( Morne Rouge) 14,79 km reste
15 km
( D+ 1040 m
reste 1055 m)
Et
revoilà le petit Joh reparti sur son défi. Les pieds sont vraiment
douloureux, cahin caha je trottine quand je peux, mais je peux de
moins en moins et pas vite du tout, plusieurs coureurs me dépassent (
désolé ma doudou, je ne serais pas 12ème), et Sophie
arrive : - ça va ? - j’ai vu mieux, mal aux pieds, j’ai des crampes
et ras le bol du goût sucré- tu veux des cachets de sels- nan nan ça
va merci, je lui demande où j’en suis, elle m’explique mais je capte
plus rien, je suis sur off depuis un bout de temps et je commence à
m’en rendre compte. Vas y t’es la première féminine et 16ème
si tu me passe….elle m’a passée.
3 km
avant morne Rouge, la douleur est intenable, je suis en hypo, j’ai
terminé depuis longtemps les quelques grammes de graisse que j’ai pu
prendre la semaine d’avant, je suis à bout, je m’arrête à un petit
ravito de fortune au bord d’une rivière, je discute, rempli mon Camel
sac, retire mes chaussures, un coureur passe... Je repars pieds nus,
trois ongles sont décollés et c’est la pression du liquide dessous qui
fait mal. Sur un chemin très agréable et d’un calme reposant j’arrête
de marcher, je m’assoies sur l’herbe et attends, au bout de 10 ‘ un
coureur passe, je lui donne mon dossard…. En attendant que
l’organisation vienne me chercher, Jean-Marc passe, puis Stephan, tout
blanc mais vaillant- le genou ? – ça va – vas-y mon ami, moi je me
remets en marche tranquillement, la chaleur est supportable sur ce
petit chemin, on se croirait dans le Sud de la France. Arrivé à un
croisement, je vois des personnes de la circulation du raid : - Alors,
qu’est ce que tu fais, tu arrêtes ?- je vois mon dossard posé au bord
de la route, je sais pas, il reste combien de Km jusqu’au Domaine de
la Vallée ? - 1 km- OK je reprends la course et arrivé au ravito
j’avise.
La
marche tranquille m’a fait du bien, j’ai bien bu, je repars pieds nus
en trottinant, j’ai l’impression que beaucoup de coureurs et coureuses
mon passés, ma Doudou va s’inquiéter, et là je rattrape Stéphan.
Effectivement, comme le monde des ultras est très petit et que la
solidarité est énorme, tout le monde savait que le Doudouuuuuu, avait
un coup de moins bien (expression de Jean-Marc). A 300 m du Domaine,
qui voilà t’y pas…ma Poulette clopinant sur sa jambe valide, inquiète
jusqu’au fond des yeux, qui vient à ma rencontre, je commence par lui
reprocher de courir (ça ne sert plus à rien mais c’est devenu un
rituel), sans m’étaler sur les problèmes physio et psycho (Elle
m’aurait empêché de repartir …si, si vous la connaissez pas… Elle en
est capable !) Je lui explique le souci des pieds, Stéphan à les
mêmes, alors, de concert comme de vrai copains de galère on se perse
ensemble les arpions, sans pleurer, et on se met du Algo plast (pardon
pour la pub mais là c’est important voir médical) de façon à comprimer
les doigts de pieds et faire créer une 2ème peau. Arrivé au ravito,
banane, boisson. Stéphan repart, moi j’ai besoin de massages et de
détente physique et morale. Remerciement chaleureux aux bénévoles, Le
Bisou de ma Doudou. Et je repars.
6ème
étape : Domaine de la Valée/2ème refuge de la Pelée. 6,118
km reste 8,945 km (D+ 898 m reste 157 m)
Ben
oui, j’y crois pas moi-même, tout naturellement, je repars, en
trottinant de surcroît, au bout de 5 ‘ je rattrape mon frère de pieds,
il souffre – t’aurai dû m’écouter et te faire masser- on rattrape deux
fêlés comme nous , et on forme un groupe de 4 pour entamer
l’ascension, mais nous voici au dernier ravitaillement, et d’ici on
voit les précédents déjà en train de grimper et quand on pense aux
premiers qui sont déjà passés de l’autre côté ça nous assomme un peu,
heureusement nos Doudous respectives ( Marie et Poulette) étaient là
avec une ambiance impressionnante.
Dernière
étape : 2ème refuge/Grand Rivière. 8,945km !(D+ 157 pas
moli !
L’ascension de la Pelée, c’était ce que j’avais fait de plus raide
depuis mon installation sur l’île, 2h00 montée descente. On part donc
à quatre, mais très vite Stephan me dit d’y aller- ok tu me
rattraperas dans la descente, à tout’ – du coup nous sommes deux, je
propose de tirer mon coéquipier sur la montée, et il me laissera dans
la descente. Et ça marche comme ça, je cueille une orchidée pour
offrir à ma Doudou à l’arrivée, sans Elle j’aurai pas pu faire ce
raid. à mi-paroi, on rattrape Nicolas : - ça va ?- nan ça va pas trop
bien, j’ai des étourdissements- t’as de quoi boire et te sucrer ?- oui
et non – tiens prends des tubes de gel, un pour maintenant et un pour
dans 15’ - il doit y avoir un médecin là haut, on lui parlera de toi-
merci- de rien à tout à l’heure à l’arrivée ; une fois en haut et
après avoir signalé Nicolas ( grand blond frisé, un T-shirt gris-bleu
indéfini et un short rouge), on se retourne pour admirer notre exploit
et nous sommes saisie ,encore et comme sur tout le parcours, par la
majesté du décors. On se sépare, le mur de la descente ne me permet
pas de suivre mon acolyte.
Tout
doucement, sur les fesses et les mains (et de temps en temps sur les
pieds, accompagnés de cris primaires), je rampe sur 800 m, avec
soulagement, j’entame la douce descente qui serpente jusque Grand
Rivière. Un dernier regard vers le sommet…qui vois-je dans le mur
accompagné de cris primaires aussi !!! Nicolas (ll’hypo), et Stéphan !!!
. Bon les vacances sont finies, l’arrivée est à 7 km que de la
descente douce, une vraie autoroute. Mais rien à faire, j’peux plus
courir. Au bout d’1 Km un petit ravito, je m’assoies, papotte, j’en
suis plus à ça près, une féminine passe, c’est Sandra, elle ne
s’arrête pas, puis Nicolas, boisson, merci les bénévoles. Je sens que
peut-être je pourrais éventuellement courir, alors j’essaie, et en fin
de compte je ne m’arrête plus au contraire, plus je m’approche de
l’arrivée plus j’accélère. Je ne veux plus me faire doubler, si près
du but, je pense que je cours suffisamment vite pour que ça n’arrive
pas, d’ailleurs j’accélère encore un peu comme ça…..avant d’arriver au
village on le surplombe, on le touche presque ça y est, j’en pleure
presque…pas moli !!!! Je demande à une petite fille de me donner la
fleur que j’ai coincée dans mon Camel-sac.. Ouf, elle n’est pas tombée
J’entre
dans ce petit village qui d’ordinaire doit être paisible, ça se sent,
mais ce jour là, tout le monde est dans la rue, les gens
applaudissent, à tout va, je sais que ma Doudou est sur la ligne
d’arrivée et qu’elle entend certainement le bruit des encouragements,
j’ai l’orchidée dans la main, ça y est je la voie, claudiquant,
souriante et fière,-ne cours pas -je voudrais lui dire merci, tout
l’amour que j’ai pour elle, le respect ETC…mais j’ai la gorge est
nouée d’émotion de fatigue, de plus j’accélère encore, pour ne pas me
faire rattraper ( n’importe quoi, quand même), et surtout pour avoir
l’air de quelque chose….
L’arrivée est là devant moi, à 30 m sur la petite place au bord de
mer, mon numéro de dossard et mon nom sont annoncés, je n’entends plus
que ça d’ailleurs, le regard fixe sur cette ligne tant attendue, mon
champ visuel étant maintenant limité, plus que quelques mètres
5…4…3…2…1 ça y est !!!!
Mwen fini !!!
30ème
en 11h37
Merci au Club
« Tchimbe raid », André T. notamment tu as mon plus grand respect.
Merci Stephan, Jean-Marc, Dominique (Calvados), Sophie, et bravo à
tous ceux dont je ne connais pas le nom qui ont fini ou qui ont su
s’arrêter au bon moment, merci aux bénévoles,
Merci aux
suiveurs, compagnes et compagnons, Marie et sa famille.
Merci
Poulette, ma Doudou, tu es mon moteur, tu me donne le courage, la
volonté et l’ambition de m’élever tous les jours un peu plus. Bon
courage pour le défi des mornes 2007, tu vas en avoir besoin. |