Corsica Coast Race 2006

180 km en 6 étapes

 Stelve RAMANICK

 

Entraînement intensif collectif en vue de la « Diagonale des Fous », mais le « Chikungunya » modifie nos objectifs…

En remplacement j’opte pour les 180 kilomètres de la « Corsica Coast Race », une des courses mises en avant lors du Guadarun…

26 octobre 2006, enfin le jour J !

Rendez vous 13h30 à Orly pour une partie des concurrents…

J’ai pris quelques jours d’avance certes, mais à 13h20 je suis en plein embouteillage…Impossible de rallier l’aéroport dans les temps…Et bonjour l’angoisse !

Par bonheur, l’avion a du retard…Je peux récupérer dossard et road book…

Première prise de contact avec mes concurrents…

 

Je retrouve également Marie-Ange fraîchement débarquée de Martinique…Elle est accompagnée de deux de ses amies que je découvre, Marie-Flore et Henry…C’est mon fan club !

Bastia : une heure d’immobilisation pour attendre les coureurs qui se sont embarqués à Marseille…Mon ventre crie famine…

 

Il faut encore s’accoutumer à un rituel qui nous suivra quotidiennement tout au long du séjour : les bagages qui vont d’un moyen de transport à un autre pour atterrir à l’hôtel et rebelote le jour d’après…

Trois heures de bus pour rejoindre notre logis.

Il est déjà 20 heures. Les chambres sont réparties en binômes.

Mon compagnon de chambrée est un ancien concurrent qui se retrouve pour x raisons dans l’organisation…

Il m’éclaire sur la topographie des lieux et me donne une idée plus précise de la galère dans laquelle je me suis fourré.

22H… grosse surprise au dîner…Thierry, reporter du magasine « Endurance » fait circuler le dernier numéro. Mon CV sportif, et une ITW de moi sont au sommaire…

Les regards se braquent sur ma petite personne qui pensait être là incognito, en toute discrétion…

Le briefing, le coucher – Réveil à 5 heures, ti déj à 6h00, coup d’envoi de l’épreuve à 7H00…

 

 

1ère étape : Macinaggio-Centuri / Mise en jambe de 22km / 1100 m de dénivelé +.

24° et j’ai quand même froid !

Je me couvre, je récupère les puces individuelles…

Je me pose de sérieuses questions sur ma présence quand j’apprends le palmarès des autres coureurs…Je reste impressionné…cependant j’ai l’impression d’être discrètement observé, jaugé…

Dans mon coin, j’appréhende l’acclimatation et les étapes à venir en général…Ais-je vu trop grand?

Vivement la fin Seigneur Jésus !!!

Enfin le départ sous les encouragements de mon trio de supportrices…

 

Timide mise en jambe…au bout de 10 minutes, une dizaine d’hommes se porte en avant…

J’en suis…Petit rythme !

Premier raidillon : Mauvaises sensations musculaires : Encore de quoi douter…

Première cote sérieuse : Grand Dieu ! Je ne peux faire comme d’habitude. On dirait que chacune de mes cuisses a été lestée…J’insiste, mais je suis contraint à marcher, laissant un groupe de quatre s’éloigner…Solitaire, je les talonne à distance. Je finis par ne plus les voir, et en haut d’une colline je constate que je me suis trompé de route…

Changement de rythme. Je coupe à travers une savane boisée mais j’ai tout de même perdu un rang et le suivant me talonne désormais.

Celui là, tiendra son rôle de poursuivant sur toute l’épreuve ( Coriace ce vétéran ).

Après avoir traversé 3 plages et un marais ou on pouvait s’enfoncer jusqu’aux genoux, je termine 6ème. Je ne me sens pas dans cette course. Massage, pédicure, remise en état n’y changeront rien…Trois heures de bus plus tard, une fois seul dans ma nouvelle chambre d’hôtel, j’angoisse à mort.

Heureusement, des appels de mon coach PASCAL, de mes amies KINDY et GABRIELLE m’apaisent, me réconfortent, me motivent un peu.

 

2ème étape : St Florent-Plage de l’Ostriconi / 38 km / Sol fuyant / 1200 m de dénivelé+

Etape très sablonneuse, même en cote. Sensations bizarres.

Au bout de 15 minutes je suis seul.

Thierry Merelo le rédacteur sportif m’encourage…

je termine à l’arrachée…je suis toujours à la peine.

Le soir : les mêmes doutes avec envie d’abandonner…

Le téléphone fonctionne bien heureusement. On garde le contact !

3ème étape : Galéria-Girolato-Osani : 20km / 1100 m de dénivelé+.

Super départ ! Il fait frais !

On traverse un village avant d’entrer en forêt et de gravir au-delà de 700 m…

Je suis 5ème, j’ai enfin retrouvé mes sensations de grimpeur.

Je gagne une place à la fin de l’ascension… Dans la descente technique et cahoteuse je rattrape et dépasse le 3ème qui prend aussitôt ma foulée.

Nous décidons de rentrer ensemble. 3ème ex æquo…

Ca y est ! Je me sens mieux ! Les angoisses s’estompent légèrement.

4ème étape : Golfe de Lava-Ajaccio-Grotte Napoléon / 39km / 1900m de dénivellé+

Agréable surprise…Mon fan club déploie une belle banderole en madras.

Dessus une carte de 97-2 et l’inscription « Woulo Stèlve ! »

Quel encouragement pour terminer au mieux cette étape !

Je n’oublierai jamais cette interminable descente vers la Place Napoléon.

J’ai pesté contre tous ceux ( et ils étaient nombreux) qui ont des problèmes avec leur notion de distance.

 

5ème étape : Tour de Campomoro-Tour d’Olneto / 48 km annoncés.

Au final 40 pour 1248m de dénivelé +

L’étape la plus longue, la plus pénible l’accumulation de fatigue aidant.

Cependant encore du baume au cœur avec cette nouvelle banderole.

La Martinique sur fond blanc. Non ! je ne peux décevoir mes supportrices…

Va falloir aller jusqu’au bout de ce parcours roulant mais exigeant…

Un leitmotiv : tenir le coup spécialement sur cette plage de sable blanc…

2 kilomètres difficiles à apprivoiser…Mais je préserve ma 4ème place et merci pour la soustraction de 8 km.

Je ne sais vraiment pas si je serais allé au bout de cette épreuve autrement.

6ème étape : Bonifaccio intra muro / 15km / 600 m de dénivelé +

ce jour là , nous avions décidé de courir groupés et de terminer ensemble.

Une dernière arrivée sensationnelle pour la plus grande joie de l’organisation.

C’était enfin le terme de mes souffrances et malheureusement la fin de cette belle aventure humaine.

Les parcours, aussi difficiles et variées soient-ils ne vous laissent pas indifférents.

Paysages autant magnifiques que diversifiés se succèdent, la 6ème étape restant à mon sens celle qui réuni tout le caractère sauvage voire surréaliste de cette « Ile de Beauté »…Corsica Magnificat !

 

Merci à tous, à vous mes sponsors, à toi mon coach Pascal, à vous les organisateurs, à l’enthousiaste trio de dames, sans oublier mes supporters de 972 et 971…

A bientôt !!!!

S.R

Résultats

1°  Gilles Diehl  (V1)14h38m51s

2°  Lhoucine Akhdar 15h01m53s

3°  Alain Pageaux  (V1)15h20m31s

4°  Stelve Ramanich 16h08m51s

5°  Michel Grillo (V2)17h01m15s

 

1°F  Marie Chantal Emonides  19h38m32s

2°F Magali Juvénal 19h45m37s

3°F  Christine Evans  21h26m37s